samedi 31 mai 2014

À tire d'ailes

L'air devient plus dense.
Tout autour, la lumière éblouit le monde et les détails se dévoilent.
Chaque goutte dans les nuages.
Chaque souffle dans l'air.
Chaque battement d'ailes autour de vous.
Alors, vous tendez les bras et accueillez ce nouveau rêve.

D'un mouvement, vous vous envolez.
Et la félicité éclate.

N'oubliez pas.
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux.
Que voyez-vous ?
T.

jeudi 29 mai 2014

Etincelles de magie

Il y a quelque chose qui tourbillonne dans l'air.
Des lumières diffusent dansent en cercle sous le regard des farfadets.
Métal et feu. Avenir. Le faisceau m'a touchée. Les ombres et les monstres sont sortis de l'horizon. Sous le chant du rouge-gorge, j'ai vu la chauve-souris rentrer dans son tombeau.
Alors, j'ai couru.

Ainsi commença mon voyage. 
J'ai lancé Pégase dans les airs pour qu'il me revienne sombre de nuit et d'étoiles et nous avons survolé le nouveau monde. 
Au loin, les volcans crachaient des fumées noires et bleues et vertes et sur la terre se déversait un océan de lierre. Des hommes vêtus de pagnes portaient sur leurs torses les marques de la nature : pierres et fleurs incrustées dans leurs peaux. Ils ont souri à notre passage. Le vent était avec nous. 

J'ai chevauché le long des champs de bataille ou machines et plantes s'affrontaient sans merci. 
Au bout de ma course, il n'y avait rien qu'un océan sombre et déchaîné.
J'ai survolé les vagues et enfin, j'ai vu l'ombre au fond des abîmes.

Et j'ai plongé. 




N'oubliez pas. 
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux.
Que voyez-vous ? 
T.

mercredi 28 mai 2014

Dans quel but ?

Passer le voile. Ouvrir son esprit aux symboles.
Voir au-delà.

"Le poète est toujours malheureux parce que rien ne remplace, pour lui, ce qu'il voit en rêvant."

Vigny.

N'oubliez pas.
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux.
Que voyez-vous ?
T.

mardi 27 mai 2014

La pluie sur le goudron

Il y a l'idée.
Les sensations qui vous envoutent un soir d'été, quand l'odeur de l'orage se mêle à celle du goudron chaud.
Puis, des images dansent derrière vos paupières closes. Des éclairs d'argent qui brisent les ténèbres. Un battement - de cils, de coeurs, d'ailes ? - et les images s'enchaînent ; paysages vus grâce aux yeux d'un oiseau.
Cascades. Fleurs qui se mêlent aux algues des rivières, aux écailles des saumons, aux profondeurs du ciel.

Il y a l'idée.
Il y a le rêve.
Vous marchez le long de vos mémoires. L'esprit alerte quête le souvenir.
Vous souvenez-vous ? Il y avait un portail. Un banc de pierre. Une nuée de plumes sombres au-dessus de la grève.
Le voyez-vous, l'enfant, un masque pâle sur le visage ? De ses mains gouttent les perles de l'oubli, les ridules des songes, les coquillages de l'au-delà.
Derrière son masque, Léthé sourit.

Il y a l'idée.
Il y a le rêve...
Il y a l'instant.
Derrière les branches aux fruits rouges et parme perce un souffle : une âme.
Et le bruit des machines qui éclate, devançant la tempête. Poussière qui ondule devant les masques. Acier qui brise le béton.
Un soupir. L'instant s'échappe. Le brouillard embourbe vos souvenirs et l'orage fait voler en morceaux les derniers grains de sommeil.

*Pluie* Étienne Deloraine


N'oubliez pas.
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux.
De quoi vous souvenez-vous ?
T.

lundi 26 mai 2014

Brume et nuages

Ce matin, j'ai la tête pleine de nuages et dans l'esprit une étincelle.
Elle parle de l'été et des espérances.
J'ai vu la mer dans mes songes et ses vagues ont bercé ma nuit.

Dans l'avion, des pensées se renversaient sur les petites tablettes beiges.
Dans l'air une idée d'inconnu et de vertige. Nous avons plongé les ongles en avant.
L'esprit en arrière. Et nous avons sauté à pieds joints dans l'étendue bleue, noire et verte.


N'oubliez pas.
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux.
T.

Il y a le rêve

Ce matin, dans la rue, j'ai la tête pleine d'une carte couverte de bleus.

Pas de nausée dans le ventre. Pas de colère dans les yeux. Juste une amertume lancinante qui se dessine au bord du coeur et, sur la langue le gout cendreux de ma jeunesse.

Et pourtant j'aime le bleu. J'ai longtemps pensé qu'il s'agissait là de ma couleur favorite. Quelque chose qui rappelle le ciel et l'eau et la cuisine devant laquelle j'écris ces lignes. J'aime le cobalt, le canard, l'azur.  J'aimais même ce bleu qui envahissait les iris de mon père année après année.

Mais il y a dans ce camaïeu, qui s'étale derrière mes yeux, comme un malaise. Un écho de peur et de rejet que je pensais avoir oublié. Parce qu'avant, je n'étais pas Française. Parce qu'avant, mes parents se sentaient exclus lors des élections. Parce qu'avant ma nouvelle nationalité me rendait fière, me donnait espoir, m'offrait une place.

Aujourd'hui j'essaie de me raccrocher aux branches.

Je ne sais pas quel mal ronge les esprits mais j'ai l'impression que l'angoisse sourd sous mes pas. Alors, ce matin, devant cette carte meurtrie, j'ai retrouvé l'éclat caché au fond de ma mémoire : quoiqu'il arrive, il y a le rêve. Il y a la Muse. 

J'ai embrassé le bleu du ciel ce matin comme d'autres enlacent l'espoir à travers les reflets de l'eau ou la pâleur d'une rose.
Il y a le rêve et je plonge en lui pour toucher les beautés des mondes. 




N'oubliez pas. 
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux. 
T.