mercredi 25 juin 2014

Au bout des nuages


J’ai vu un nuage faire de l’ombre aux nuages avant que la pluie ne se déverse.
Le monde s’est paré d’un voile de brume
La puissance du vent, le cou flanché des géants.
J’ai observé, nu, les combats de la terre, grisé par les éclairs
Les flaques sont devenus fenêtres et les fenêtres miroirs
Et la joie a explosé au cœur de la tornade,
La puissance au bout des doigts.



N'oubliez pas. 
Il y a le rêve.
Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ?
T.

lundi 16 juin 2014

La couleur de l'eau

En face, l'éclat du soleil sur les vitres.
Pourpre et ciel.
Parfois, le vol d'une pie, rayon au bec, épine aux serres.
Et sans cesse le clapotis de l'eau et la lumière de l'eau
Comme une infinité de mondes.
Les regards se croisent sur l'argent, ondulent sur l'acide, se perdent dans les tourbillons du songe.

Ombre.
Là où immergent la glace et sa splendeur.
Au loin, siffle et frémit le vent sur ton cœur qui s'étire à l'horizon et englobe l'onde.
Du fond de l'océan, les étoiles sont des milliers de fleurs bercées par l'espace.

Une minute et un cri.
Le corps de la murène regagne sa place et l'infini gémi.


N'oubliez pas. 
Il y a le rêve.
Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ?
T.

lundi 9 juin 2014

Nager entre les éclairs

Voilà le jour ou mon sommeil se brise.
J'ai vu derrière les étoiles, un reflet de lune danser sur les vagues
Et les vagues s'effacer.
J'ai enfoncé mon nez dans la chevelure verte des étangs et des rivières
Et j'ai poursuivi la déesse d'argent le long des cours d'eau
Ses dents ont mordu ma gorge et l'eau s'est éclairée de mille paillettes électriques.
Souvenir, bruit des gouttes qui s'enfoncent dans l'onde jusqu'à mourir sur le goudron
L'éveil a saisi mes sens, dissipé ma réalité.
Ce matin, l'odeur des algues.


 
N'oubliez pas. 
Il y a le rêve.
Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ?
T.

lundi 2 juin 2014

"Poète est celui qui rompt pour nous l'accoutumance"

Discours de Saint-John Perse lors de la remise du prix Nobel de littérature.

"Mais plus que mode de connaissance, la poésie est d'abord mode de vie - et de vie intégrale. Le poète existait dans l'homme des cavernes, il existera dans l'homme des âges atomiques parce qu'il est part irréductible de l'homme. De l'exigence poétique, exigence spirituelle, sont nées les religions elles-mêmes, et par la grâce poétique, l'étincelle du divin vit à jamais dans le silex humain. Quand les mythologies s'effondrent, c'est dans la poésie que trouve refuge le divin; peut-être même son relais. Et jusque dans l'ordre social et l'immédiat humain, quand les Porteuses de pain de l'antique cortège cèdent le pas aux Porteuses de flambeaux, c'est à l'imagination poétique que s'allume encore la haute passion des peuples en quête de clarté."



Il y a l'étincelle, derrière vos paupières. 
N'oubliez pas. Il y a le rêve.
Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ?