dimanche 30 août 2015

Aube


Le bruti de la ville.
Autour des fenêtres les mouettes hurlaient.
Le rêve m'a quittée,
ses bras fantômes murmurent encore à mes oreilles sourdes.
L'écho d'une tempête et d'un amour perdu.
Je ne me souviens plus des gouttes
qui se perdaient le long des espérances. 



N'oubliez pas
Il y a le rêve.
Ouvrez les yeux !
T.

mercredi 25 juin 2014

Au bout des nuages


J’ai vu un nuage faire de l’ombre aux nuages avant que la pluie ne se déverse.
Le monde s’est paré d’un voile de brume
La puissance du vent, le cou flanché des géants.
J’ai observé, nu, les combats de la terre, grisé par les éclairs
Les flaques sont devenus fenêtres et les fenêtres miroirs
Et la joie a explosé au cœur de la tornade,
La puissance au bout des doigts.



N'oubliez pas. 
Il y a le rêve.
Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ?
T.

lundi 16 juin 2014

La couleur de l'eau

En face, l'éclat du soleil sur les vitres.
Pourpre et ciel.
Parfois, le vol d'une pie, rayon au bec, épine aux serres.
Et sans cesse le clapotis de l'eau et la lumière de l'eau
Comme une infinité de mondes.
Les regards se croisent sur l'argent, ondulent sur l'acide, se perdent dans les tourbillons du songe.

Ombre.
Là où immergent la glace et sa splendeur.
Au loin, siffle et frémit le vent sur ton cœur qui s'étire à l'horizon et englobe l'onde.
Du fond de l'océan, les étoiles sont des milliers de fleurs bercées par l'espace.

Une minute et un cri.
Le corps de la murène regagne sa place et l'infini gémi.


N'oubliez pas. 
Il y a le rêve.
Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ?
T.

lundi 9 juin 2014

Nager entre les éclairs

Voilà le jour ou mon sommeil se brise.
J'ai vu derrière les étoiles, un reflet de lune danser sur les vagues
Et les vagues s'effacer.
J'ai enfoncé mon nez dans la chevelure verte des étangs et des rivières
Et j'ai poursuivi la déesse d'argent le long des cours d'eau
Ses dents ont mordu ma gorge et l'eau s'est éclairée de mille paillettes électriques.
Souvenir, bruit des gouttes qui s'enfoncent dans l'onde jusqu'à mourir sur le goudron
L'éveil a saisi mes sens, dissipé ma réalité.
Ce matin, l'odeur des algues.


 
N'oubliez pas. 
Il y a le rêve.
Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ?
T.

lundi 2 juin 2014

"Poète est celui qui rompt pour nous l'accoutumance"

Discours de Saint-John Perse lors de la remise du prix Nobel de littérature.

"Mais plus que mode de connaissance, la poésie est d'abord mode de vie - et de vie intégrale. Le poète existait dans l'homme des cavernes, il existera dans l'homme des âges atomiques parce qu'il est part irréductible de l'homme. De l'exigence poétique, exigence spirituelle, sont nées les religions elles-mêmes, et par la grâce poétique, l'étincelle du divin vit à jamais dans le silex humain. Quand les mythologies s'effondrent, c'est dans la poésie que trouve refuge le divin; peut-être même son relais. Et jusque dans l'ordre social et l'immédiat humain, quand les Porteuses de pain de l'antique cortège cèdent le pas aux Porteuses de flambeaux, c'est à l'imagination poétique que s'allume encore la haute passion des peuples en quête de clarté."



Il y a l'étincelle, derrière vos paupières. 
N'oubliez pas. Il y a le rêve.
Ouvrez les yeux. Que voyez-vous ?

samedi 31 mai 2014

À tire d'ailes

L'air devient plus dense.
Tout autour, la lumière éblouit le monde et les détails se dévoilent.
Chaque goutte dans les nuages.
Chaque souffle dans l'air.
Chaque battement d'ailes autour de vous.
Alors, vous tendez les bras et accueillez ce nouveau rêve.

D'un mouvement, vous vous envolez.
Et la félicité éclate.

N'oubliez pas.
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux.
Que voyez-vous ?
T.

jeudi 29 mai 2014

Etincelles de magie

Il y a quelque chose qui tourbillonne dans l'air.
Des lumières diffusent dansent en cercle sous le regard des farfadets.
Métal et feu. Avenir. Le faisceau m'a touchée. Les ombres et les monstres sont sortis de l'horizon. Sous le chant du rouge-gorge, j'ai vu la chauve-souris rentrer dans son tombeau.
Alors, j'ai couru.

Ainsi commença mon voyage. 
J'ai lancé Pégase dans les airs pour qu'il me revienne sombre de nuit et d'étoiles et nous avons survolé le nouveau monde. 
Au loin, les volcans crachaient des fumées noires et bleues et vertes et sur la terre se déversait un océan de lierre. Des hommes vêtus de pagnes portaient sur leurs torses les marques de la nature : pierres et fleurs incrustées dans leurs peaux. Ils ont souri à notre passage. Le vent était avec nous. 

J'ai chevauché le long des champs de bataille ou machines et plantes s'affrontaient sans merci. 
Au bout de ma course, il n'y avait rien qu'un océan sombre et déchaîné.
J'ai survolé les vagues et enfin, j'ai vu l'ombre au fond des abîmes.

Et j'ai plongé. 




N'oubliez pas. 
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux.
Que voyez-vous ? 
T.

mercredi 28 mai 2014

Dans quel but ?

Passer le voile. Ouvrir son esprit aux symboles.
Voir au-delà.

"Le poète est toujours malheureux parce que rien ne remplace, pour lui, ce qu'il voit en rêvant."

Vigny.

N'oubliez pas.
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux.
Que voyez-vous ?
T.

mardi 27 mai 2014

La pluie sur le goudron

Il y a l'idée.
Les sensations qui vous envoutent un soir d'été, quand l'odeur de l'orage se mêle à celle du goudron chaud.
Puis, des images dansent derrière vos paupières closes. Des éclairs d'argent qui brisent les ténèbres. Un battement - de cils, de coeurs, d'ailes ? - et les images s'enchaînent ; paysages vus grâce aux yeux d'un oiseau.
Cascades. Fleurs qui se mêlent aux algues des rivières, aux écailles des saumons, aux profondeurs du ciel.

Il y a l'idée.
Il y a le rêve.
Vous marchez le long de vos mémoires. L'esprit alerte quête le souvenir.
Vous souvenez-vous ? Il y avait un portail. Un banc de pierre. Une nuée de plumes sombres au-dessus de la grève.
Le voyez-vous, l'enfant, un masque pâle sur le visage ? De ses mains gouttent les perles de l'oubli, les ridules des songes, les coquillages de l'au-delà.
Derrière son masque, Léthé sourit.

Il y a l'idée.
Il y a le rêve...
Il y a l'instant.
Derrière les branches aux fruits rouges et parme perce un souffle : une âme.
Et le bruit des machines qui éclate, devançant la tempête. Poussière qui ondule devant les masques. Acier qui brise le béton.
Un soupir. L'instant s'échappe. Le brouillard embourbe vos souvenirs et l'orage fait voler en morceaux les derniers grains de sommeil.

*Pluie* Étienne Deloraine


N'oubliez pas.
Il y a le rêve. Ouvrez les yeux.
De quoi vous souvenez-vous ?
T.